Congé de transition professionnelle : durée, rémunération, accord de l'employeur — ce que vous toucherez vraiment à La Réunion
Photo: salarié réunionnais calculant budget reconversion bureau, via img.freepik.com
Se lancer dans une reconversion soulève immédiatement une question d'ordre pratique : combien vais-je toucher, et pendant combien de temps ? Le congé de transition professionnelle (CTP), financé par le FONGECIF Réunion, répond à cette double interrogation avec des modalités précises que tout salarié de l'île gagnera à maîtriser avant de déposer son dossier.
Les règles du jeu : durée et éligibilité
Le CTP permet de s'absenter de son poste pour suivre une formation, préparer une validation des acquis de l'expérience (VAE) ou réaliser un bilan de compétences approfondi. Sa durée oscille entre 24 et 36 mois pour un projet de formation longue, ou de 6 à 12 mois pour une action à temps partiel.
Pour y prétendre, il faut justifier d'une ancienneté minimale de 24 mois consécutifs, dont 12 mois dans la même entreprise, en tant que salarié du secteur privé. Le dispositif s'adresse aux salariés en CDI comme aux salariés en CDD, sous conditions d'ancienneté spécifiques à ces derniers.
Quel salaire pendant le congé ?
La rémunération perçue dépend directement de votre niveau de salaire. Concrètement :
- jusqu'à 2 000 € de salaire mensuel brut de référence, la prise en charge s'élève à 100 % de la rémunération antérieure ;
- au-delà de 2 000 €, elle est fixée à 60 % de ce même salaire de référence.
Le salaire de référence correspond à la moyenne des salaires bruts perçus au cours des 12 derniers mois précédant la demande. Les plafonds de prise en charge, fixés annuellement, doivent être vérifiés dans les barèmes en vigueur au moment du dépôt.
Trois situations concrètes à La Réunion
Pour illustrer ces règles, prenons trois profils représentatifs du tissu économique local.
Le serveur de Saint-Gilles (1 500 € brut/mois, 5 ans d'ancienneté) : il perçoit 100 % de son salaire de référence, soit environ 1 500 € par mois. La continuité de revenus est totale, ce qui rend un projet de reconversion vers l'artisanat ou le tourisme parfaitement envisageable.
L'agent hospitalier de Saint-Pierre (1 900 € brut/mois, 10 ans d'ancienneté) : toujours dans la tranche des 100 %, il touche environ 1 900 € mensuels. Les frais pédagogiques et éventuels frais de transport — un enjeu réel dans l'île — peuvent être pris en charge dans la limite des plafonds.
Le cadre du numérique à Saint-Denis (3 200 € brut/mois, 8 ans d'ancienneté) : sa rémunération est calculée à 60 % du salaire de référence, soit environ 1 920 € par mois. La perte de revenus est significative et doit être anticipée dans le budget familial, notamment face au coût de la vie réunionnais.
Convaincre son employeur : une négociation à préparer
L'employeur dispose d'un droit de report du départ en congé, en particulier dans les entreprises de moins de 300 salariés, où son accord explicite est requis. La demande doit être adressée par écrit au moins 120 jours avant le début souhaité pour les formations longues.
Trois arguments renforcent un dossier auprès de l'employeur :
- démontrer la cohérence du projet avec l'activité de l'entreprise ou, à défaut, l'absence d'impact sur l'organisation pendant la période de haute saison ;
- proposer un préavis de transmission des connaissances avant le départ ;
- rappeler l'obligation, à l'issue du congé, de réembaucher le salarié à un poste équivalent.
Les étapes clés du financement
- Vérification de l'éligibilité auprès du FONGECIF Réunion.
- Construction du projet : choix de l'organisme de formation, devis, calendrier.
- Dépôt du dossier dans les délais impartis.
- Notification de la décision de prise en charge.
- Information formelle de l'employeur et départ en congé.
Un dossier solide, documenté et cohérent avec le parcours professionnel du demandeur est le meilleur gage d'un avis favorable. Le FONGECIF Réunion accompagne les salariés à chaque étape pour sécuriser leur projet de reconversion.