Intérim, CDD, multi-employeurs : ai-je droit au congé de transition professionnelle quand on n'est pas CDI à La Réunion ?
Photo: Alika113, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
À La Réunion, où l'intérim et les contrats courts représentent une part importante de l'emploi, nombreux sont les salariés qui pensent que la reconversion financée est réservée aux titulaires d'un CDI. C'est une idée reçue qu'il convient de corriger : le congé de transition professionnelle (CTP) est accessible sous conditions d'ancienneté, quel que soit le type de contrat.
Une ancienneté qui se cumule, pas qui se fige
Le critère déterminant n'est pas la nature de votre contrat actuel, mais votre ancienneté dans l'activité salariée. Pour les salariés en CDD, en intérim ou sous contrats successifs, la règle générale exige de justifier d'une expérience professionnelle salariée d'au moins cinq ans, dont vingt-quatre mois consécutifs ou non dans la profession, avec une condition de présence dans l'entreprise d'accueil.
Pour les intérimaires, le calcul diffère : c'est le nombre d'heures travaillées qui compte, généralement 1 600 heures au cours des vingt-quatre derniers mois, dont une partie au sein de la même entreprise de travail temporaire. Ce mode de comptabilité horaire permet de lisser les missions parfois fragmentées.
Les pluriactifs du BTP et du tourisme, un cas fréquent à l'île
À La Réunion, beaucoup de salariés enchaînent les contrats entre le chantier, l'hôtellerie du littoral ou la restauration de Saint-Gilles. Si vous multipliez les employeurs, chaque contrat compte : les périodes travaillées se cumulent pour atteindre le seuil d'ancienneté. Conservez précieusement vos certificats de travail, bulletins de paie et attestations Pôle emploi ou France Travail entre deux missions : ce sont eux qui reconstitueront votre parcours.
Quels justificatifs rassembler ?
Pour appuyer votre demande auprès du FONGECIF Réunion, préparez :
- l'ensemble de vos bulletins de salaire sur la période de référence ;
- vos certificats de travail et attestations d'employeurs ;
- pour l'intérim, le relevé détaillé de vos missions fourni par votre agence ;
- un devis ou une convention de la formation visée.
Un dossier complet et chronologiquement cohérent évite les allers-retours qui rallongent l'instruction.
Les spécificités ultramarines
Outre-mer, quelques ajustements pratiques s'appliquent : l'offre de formation locale étant plus resserrée qu'en métropole, les parcours à distance ou les déplacements vers une autre commune de l'île sont plus facilement admis dans le plan de prise en charge. Par ailleurs, l'absence de branche professionnelle structurée pour certains métiers saisonniers peut modifier l'organisme compétent : en cas de doute, un entretien avec un conseiller du FONGECIF permet d'identifier le bon guichet avant de déposer.
Le réflexe à adopter
Être en CDD ou en intérim n'est donc pas un facteur bloquant, mais cela impose une rigueur documentaire accrue. Anticipez : rassemblez vos justificatifs dès que le projet de reconversion germe, pas au moment du dépôt. Votre précarité contractuelle n'est pas un plafond, à condition de savoir la traduire en ancienneté reconnue.